Nova est pour moi une pure anomalie culturelle, or même qu’elle devrait être la norme. J’ai découvert ce cinéma à mon arrivée à Bruxelles, et j’y ai d’abord vu un film tout à fait décapant, me faisant mieux saisir le sens « cinématographique » d’un objet filmique. Je suis alors descendu boire un verre avec mes amis pour discuter du film, et puis c’est l’ambiance même du lieu qui m’a traversée. En fouillant, je me suis rendu compte que le cinéma fonctionnait presque majoritairement à partir du bénévolat, et que c’est cette extraction des logiques libérales et économique de son modèle qui lui permettait, plus que probablement, de proposer une programmation libre et créative. Je me suis aussitôt inscrit comme bénévole, et y ait fait plus d’une vingtaine de permanences. L’année d’après, j’ai moi-même lancé une asbl pleinement inspirée de cette expérience, ce qui ne m’a plus laissé le temps de venir proposer mon aide au Nova. J’y ai fait des rencontres sans pareille (je me souviens avoir tenu le bar le soir d’une rétro de Dominique Gagnon qui est resté accoudé avec moi tout du long, un moment d’exception) et pense réellement qu’il s’agit d’un lieu rare. Il est quand même génial que le cinéma le plus autonome de la ville soit également celui qui propose la plus haute qualité au niveau du cinéma. On peut y rencontrer des réalisateurs/ices détonnant/e/s et parler cinéma (ou à peu près) sans aucun complexe. Voilà ce à quoi les institutions d’art devraient ressembler : des propositions toutes droites tournées vers l’altérité de la création et la mise en suspension des conforts du regard.
Merci Nova.
Longue vie Nova

— Arthur Moury
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